Le meilleur des cordes

© Escalade Alsace
Yann Corby
Test de matériel
   Dead Point Edelrid   
   Test - Crash-pad - Dead Point - Edelrid



  Le test :

Le seizième banc d'essai publié par Escalade Alsace est consacré au crash-pad Dead Point d'Edelrid.
La mission a été confiée à Freddy, grand adepte de bloc et de montage vidéo (on lui doit, entre autres, la quasi totalité des vidéos de tests).



1) Présentation
Le test du crashpad Dead Point d'Edelrid est ce qu'on pourrait appeler un test au long cour… Cela fait de très longs mois qu'il a débuté (en attendant encore quelques mois, on arriverait à l'année !). Autant dire que j'ai eu tout le temps de décortiquer la chose, entre mes différentes blessures.

Petit tour d'horizon : Le Dead Point, c'est un des modèles de crashs créés récemment par Edelrid. C'est le modèle milieu de gamme, entre le Mantle et le Crux (le matelas de camping par excellence !), le Sit Start n'ayant pas vraiment vocation à servir de crash-pad. De dimensions avantageuses (140x115x10 cm déplié), le Dead Point est vendu accompagné du Sit Start (100x55x5 cm).



On leur retrouve la couleur flashie habituelle chez Edelrid (la déclinaison Night-Oasis 219, ici), assortie d'un noir mat pour le fond. Les deux éléments (Sit Start et Dead Point) sont garnis en leur centre d'un paillasson permettant d'essuyer ses chaussons avant l'essai, que l'on espère victorieux.

L'ensemble ne fait pas dans le poids-plume (6 kg + 1,6 kg !) mais est de très bonne facture, avec un niveau de finition rarement égalé pour un crashpad, comme le constructeur allemand nous y a habitués : boucles en aluminium, aucune couture externe, poignées ergonomiques et en nombre… J'ai particulièrement apprécié le logement pour les zips latéraux qui donnent accès à l'intérieur des crashs : aucune chance de les voir s'ouvrir par accident.



2) Le Dead Point en action :

La première chose que je demande à un crashpad, c'est d'être efficace du point de vue de l'amortissement des chutes. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le Dead Point est très efficace de ce point de vue : pour m'être pris une bonne ratasse en parfait plat dos depuis un toit à 1,80m du sol, je peux vous dire que ça passe tout seul sans même avoir la respiration coupée (et heureusement que le crash était en dessous à ce moment là, car sinon, je pense que j'étais bon pour l'hosto. Ou au moins, le rebouteux…).

Avec ses 10cm d'épaisseur, le Dead Point est constitué de 4 couches de mousses de différentes densités et épaisseurs (deux couches fines et plutôt rigides au dessus et en dessous / deux couches épaisses et moins denses au milieu). Le tout garantit un grand confort pour les réceptions et les mousses plus souples au centre permettent au crash de se plier facilement pour le " ranger " et le déplacer. Attention, quand je dis " ranger ", je ne parle pas du stockage du crash : comme tout crashpad monobloc qui se respecte, il vous faudra trouver suffisamment de place pour pouvoir le conserver déplié si vous ne voulez pas voir les propriétés d'absorption des chocs s'étioler dans la zone centrale du crash.

Son épaisseur importante et la qualité de ses mousses font également qu'il absorbe très bien les éventuels reliefs sur lesquels vous pourrez le poser : racines, cailloux… se font pour ainsi dire oublier une fois le crash dessus. Evidemment, si vous faites du high ball, ça ne vous dispensera pas d'utiliser plusieurs crashs superposés et quelques pareurs. Un petit désavantage de cette épaisseur importante, toutefois : méfiez-vous pour les départs assis, on pourrait vite vous taxer de gruger ! Heureusement, le Sit Start (comme son nom l'indique) est là pour palier à ce problème.

Mais dans le Dead Point, il n'y a pas que l'épaisseur qui est importante. Il y a aussi ses dimensions à plat. Un généreux 140 x 110 cm, donc, sans pli au milieu, qui offre une aire de réception franche sans risque de se fouler une cheville en tombant avec le pied au milieu du pli central. Qui plus est, vous disposez du paillasson intégré, qui sert allègrement de cible pour vous permettre d'envoyer très précisément vos 63 kg (enfin, les miens…) bien au milieu de la chose.

Seul petit regret (qui tient plus de ressenti qu'autre-chose) : si le dessous et les côtés du crash sont parfaitement étanches et hydrofuges, la partie supérieure (avec son fameux coloris Night-Oasis 219) m'a donné l'impression d'être moins hydrofuge, justement. Sans aller jusqu'à dire qu'elle n'est pas étanche, de l'eau répandue à sa surface donne l'impression de ne pas s'en écouler et de rester dans les mailles de la matière (constaté un jour de légère pluie). Autant dire qu'après, cela devient difficile de grimper avec des semelles de chaussons sèches. Evidemment, il est rare de grimper sous la pluie, mais bon…


3) Systèmes de fermeture :

Le Dead Point se ferme à l'aide d'une fermeture-éclair et d'une boucle de serrage. Le tout est de très bonne facture.

La boucle de serrage, située en haut (quand on l'a en position de portage) est en aluminium. Ceci évite le problème classique avec ce type de systèmes : combien parmi vous ont déjà eu un crash avec des boucles en plastique qui ont fini par casser ? Aucun risque ici. Par ailleurs, la boucle est suffisamment large pour pouvoir accueillir facilement la sangle en vis-à-vis, et le système de serrage est très efficace et facile à utiliser. Un vrai régal.

Le "zip", quant à lui, couvre la partie basse du crash quand celui-ci est replié, ainsi qu'une vingtaine de centimètres sur le côté. Le gros avantage de ces vingt centimètres supplémentaires est que l'on peut ainsi se servir du Dead Point comme "sac d'appoint" en y stockant chaussons, sac à pof… sans qu'ils risquent d'en tomber une fois la boucle du haut serrée. De plus, le fait que le serrage de la partie haute se fasse avec cette fameuse boucle plutôt qu'avec un zip plus conséquent offre une plus grande latitude pour y placer des choses de différentes tailles. Deux petits bémols toutefois :

- Si vous mettez déjà le Sit Start au milieu, vous n'aurez plus la place pour y mettre grand chose d'autre.
- L'utilisation du zip peut être assez récalcitrante, voire "prise de tête", tant qu'on n'a pas trouvé la bonne technique pour fermer le crash (voir vidéo).

Le gros souci pour l'utilisation à long terme d'un crashpad est souvent, comme je le disais plus haut, l'usure des systèmes de fermetures, poignées… (outre évidemment la dégradation des mousses internes. Mais si le crash est correctement conservé, cette usure est souvent plus lente que le reste). La première fois que j'ai vu le Dead Point, je dois bien avouer que j'étais un peu dubitatif sur deux points, concernant son usure :

- Autant le zip de fermeture est gros et solide, autant la façon dont il est attaché au niveau du centre du crash m'inspirait une dégradation future plutôt rapide.
- Autant j'étais heureux de trouver une boucle en métal, autant le fait de la voir fixée sur un support en plastique relativement souple (mais plutôt épais et, à posteriori, certainement renforcé avec des fibres textiles ou assimilées) me laissait entrevoir des problèmes de déchirure dudit plastique.



Et bien après 8 ou 9 mois d'utilisation plus ou moins intensive, je peux vous dire que, que ce soit pour le zip ou pour le support de la boucle, je n'ai constaté aucune dégradation ! L'absence de coutures externes y est assurément pour quelque chose, mais le choix des matériaux l'est également, à n'en pas douter. Bien sûr, c'est deux zones restent des "points faibles" auxquels vous devrez porter un minimum d'attention afin d'éviter tout accident malheureux. Typiquement, évitez de tirer comme un âne ("une ânesse", parité oblige !) sur le crash si celui-ci s'est pris dans des racines ou des branches d'arbres…


4) Transport : chargez la mule !

Côté transport, le Dead Point est bien fourni :

Pas moins de trois poignées, toutes enrobées d'un caoutchouc synthétique noir, très sympathiques une fois en main et particulièrement solides. Deux d'entre elles sont évidemment en vis-à-vis, sur les côtés du crash, permettant de le fermer. La troisième, en haut, est excentrée : elle permet un rangement plus facile dans le coffre de la voiture, quand le crash est replié. On se demande par contre pourquoi ils n'en ont pas mis une quatrième en bas, ce qui eut été encore plus confortable (plus besoin de se demander dans quel sens il faut le prendre avant de le jeter dans la voiture ! C'est toujours pareil : plus on en a, plus on en demande…).

Concernant le transport à proprement parler, un crash de ces dimensions se devait évidemment d'offrir des sangles pour pouvoir le charger sur le dos. Le système est plutôt réussi, avec deux sangles ergonomiques et très larges, qui permettent de bien répartir le poids sur les épaules, sans couper la circulation. Cerise sur le gâteau, vous disposez même d'une sangle abdominale (je dois avouer que personnellement, je suis trop fainéant pour l'utiliser…).



Les sangles "dorsales" sont solidement ancrées sur le crash et facilement ajustables avec le même type de système que pour la boucle de fermeture du crash (v. plus haut). L'ouverture de la boucle en alu est ici plus réduite, ce qui fait que les sangles ne se décrochent pas pour un rien (jusqu'à présent, elles ne se sont jamais enlevées autrement que quand je l'ai décidé). Très facile d'utilisation, le système permet de régler la hauteur de portage du crash d'une seule main, sans avoir besoin de la poser à terre.

Petit raffinement : comme vous pouvez le voir sur les photos, il y a de petits "anneaux élastiques" sur les sangles qui peuvent permettre d'y attacher différentes choses (sac à pof, mousqueton avec les chaussons au bout ou toutes autres choses qui vous tenteraient).

Dernier point concernant le système de sangles : Edelrid a fait le choix le plus judicieux à mon sens en termes de sécurité en plaçant ces sangles " côté sol ", évitant du coup tout risque de s'y prendre les pieds en chutant (on en a déjà vu se tordre une cheville en s'accrochant dans les sangles d'un crash non horizontal. Ou même horizontal, d'ailleurs…). La contrepartie est qu'il vous faudra laisser tomber votre côté "fashion climber" : rien de tel pour mettre un peu de boue sur votre dernier T-Shirt Prana à 80€, un lendemain de pluie (oui, bon, pour les tarifs ou même les marques, je sais, je ne suis pas à la page. Vous aurez compris mon point de vue, comme ça !). Ici, on fait dans le roots. L'efficacité avant tout (…Le jogging troué qu'on a depuis 10 ans, mais qui fait toujours très bien son travail. Non, je ne vise personne…) !

Avant que je n'oublie, une autre contrepartie est que, là encore, vous pourrez accrocher des racines en trainant le crash sur le sol. Même si vous n'avez pour ainsi dire aucune chance de les arracher, ceci aura tendance à dérégler les sangles, eut égard à la facilité avec laquelle on peut le faire à la main. Mais encore une fois, vu que le réglage se fait en un quart de seconde une fois le crash sur le dos, ce n'est guère problématique.

Attaquons-nous maintenant à ce que je considère comme le plus gros défaut du Dead Point : la marche en terrain carrossable+++… Je vous préviens tout de suite, ce problème ne concernera que les petits. Ou du moins, les "pas très grands".
Lors de mes premières utilisations, je réglais les sangles assez lâches, de manière à ce que le portage soit le plus confortable possible. Le crash descendait donc relativement bas dans mon dos, jusque mi-cuisses environ. Cette habitude m'est vite passée après que j'ai eu à descendre des zones avec de "grosses marches", nécessitant de faire de grands pas en avant en même temps que l'on "descend d'un étage". En effet, je me suis alors retrouvé avec le crash qui se posait sur le pied arrière. Et 7,6 kg de plus sur le pied au moment où vous voulez le faire avancer, et bien ça surprend pas mal ! (j'ai tenté d'illustrer le problème dans la vidéo, pour que vous compreniez bien ce que je veux dire). Autant dans 90% des cas ce n'est pas bien grave, autant cela peut se révéler critique si ça vous déséquilibre dans un passage très pentu où toute chute est dangereuse.

Evidemment, la parade existe : porter les sangles plus serrées, de manière à laisser plus d'espace entre le crash et le pied et surtout être conscient du problème. A partir du moment où on ne se fait pas surprendre, c'est bon. Mais il aurait peut-être été intéressant que les sangles soient implantées un peu plus bas sur le crash, de manière à limiter le problème.


5) Transport, le retour : déchargez la mule !

Effectivement, le transport d'un crash ne concerne pas que la marche : arrive toujours un moment où vous devrez le mettre dans un véhicule.

Et là, le Dead Point présente les inconvénients de ses avantages : il est GROS ! Non pas qu'il vous faille un semi-remorque pour le trimballer d'un site à un autre, mais sachez qu'un coffre de Clio (par exemple) est bien trop petit. Seules solutions pour ceux qui ne disposent pas d'un modèle plus spacieux : rabattre la banquette arrière ou le stocker sur les sièges arrière. Dans les deux cas, le crash prend la place d'au moins une personne dans le véhicule. Prévoyez vos sorties en fonction !


6) Le Sit Start

Comme je vous l'ai dit au début de ce test, Edelrid a eu le bon goût de commercialiser le Dead Point affublé d'un petit "add'on" : le Sit Start.
Première réflexion : "Ouais, bon. C'est cool et sympa, mais jusqu'à présent je n'en avais pas, donc bon… voilà, quoi…".

Et bien NON ! Ce petit crash miniature, de tout juste 100x55x5 cm devient très vite INDISPENSABLE ! Personnellement et avec Yann, on ne peut plus s'en passer (à tel point que Yann le traine même en falaise pour l'utiliser en guise de tapis de sol) !

Petite présentation rapide :
- Il dispose également de son paillasson intégré ainsi que d'une poignée.
- Sa taille est parfaite pour s'assoir dessus et mettre les chaussons juste au départ du bloc sans mettre les pieds dans le sable ou la terre.
- Soyons clairs, il n'est PAS conçu pour amortir une chute. Mais ç'est toujours très appréciable pour protéger le dos dans les départs assis exigus ou couchés.
- Ça fait toujours ça de surface au sol protégée, pour éviter de salir les chaussons ! (Mais comment je faisais, avant, avec un seul crash de seulement un mètre sur un !?)


A chacun le sien


7) Le mot de la fin…

En définitive, le Dead Point est clairement un très bon produit, bien pensé, de qualité et particulièrement robuste. Efficace, mais aussi intransigeant, il impose quelques petits "sacrifices" en termes de confort (rangement, transport en véhicules, …), mais à mon sens, les avantages que l'on en retire les compensent largement.

Au moment de la sortie de ce test, son prix est loin d'être déraisonnable en regard de ses qualités. Certes, il n'est pas à la portée de toutes les bourses puisqu'on le trouve, selon les distributeurs, à des prix variant de 170 à 190 €. Mais à ce prix vous en aurez pour votre argent. D'autant que 170 €, c'est le tarif couramment pratiqué pour ce type de modèle. Le Dead Point est donc très compétitif.




Caractéristiques techniques
 • FabricantEdelrid
 • ColorisNight-Oasis 219
 • Poids6kg + 1,6kg (Sit start)
 • Tailles 140x115x10 cm
100 x 55 x 5 cm (Sit start)
 • Prix constaté de 169€ à 190€
On applaudit !
 » Qualité des finitions
 » Robustesse
 » Rapport qualité/prix
 » Confort de chute
 » Le Sit Start !!
 » Dimensions

Les limites
 » Dimensions! (pour les problèmes de rangement)
 » Le portage délicat dans certaines situations
Sur le WEB
 » Site du fabricant: Edelrid
 » Site du distributeur : Horizon Vertical
 » Page produit: Dead Point

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