Le meilleur des cordes

© Escalade Alsace
Yann Corby
L'AB-cédaire

Par M. B.


Armand : On y entend dans ce prénom les grâces surannées chères au poète : c'est un bon commencement.

Bière(s) : N'a-t-on jamais fini nos escapades sans une bière ? Grimper, hydrater, débattre. Ce doit être cela, l'éducation : la mise en place de quelques règles. En la matière il (nous) fut un redoutable professeur.


Réunion du Comité de relecture du topo des Vosges du Nord


Corrida. Lui dans l'arène terrassant le miura fulminant. Une photo aurait paru dans la presse locale au moment de l'encornement. Était-ce à Sarragosse? Tolède ou Pampelune?



C'est bien Armand qui défie le taureau


Dallas : Non ! Vous faîtes erreur ! vous n'y êtes pas ! L'univers impitoyable texan est peu chose à comparaison d'un voyage en… Dallas, ce succédané de jeep. La Dallas a équipé les Vosges du Nord. C'est une légende !

Elocution : Il n'est pas nécessaire de tendre l'oreille pour percevoir cette singulière façon de phraser : ça traîne langoureusement entre préciosité et désinvolture. Est-ce l'effet d'un régionalisme ? d'une affectation ? un peu des deux ? Nous n'en savons rien.

Fourberies : Oui, les Fourberies d'escarpin : pas mal ! Fourberies, félon, fables, fadaises, farce et fariboles, fitou ou faugères… Autant de termes familiers à la lettre F ; surtout félon.


Gigondas : Le vin, ici le côtes-du-Rhône , permet l'évocation de Fontvieille et ses formes baroques. Autre tome des œuvres complètes.

Hystérique : La salpétrière du Kronthal a été le théâtre des plus folles créations. La question névrotique vient par ailleurs à se poser.

Injoignable : La bêtise n'est pas son fort. La communication aussi. Les deux ne sont pas incompatibles, la preuve.

Je est un antre (L'aven Armand ; cf. : Hystérique)

Karajan : Le Karajan du grès ! Nous y voilà : la formule est frappante… ou est-ce la ressemblance ? Il fut aussi karatéka.

Laurenzo : Miguel de Cervantès affubla son Quichotte de Sacho Pansa. Ces associations (tandems) ne sont pas rares ; elles s'avèrent parfois fameuses : Laurenzo et Armand, on n'a pas fait mieux.



Modestie : "J'y peux rien je plais aux femmes", oui, ces mots furent un jour par lui prononcés.

Négation : "La réponse est non mais qu'elle est la question ?" Lui ne saurait mieux dire.

Onomatopées: Tout mouvement d'intensité se doit d'être souligné d'un cri : Ayabanak ! Tabachnik ! Yaatch ! Achtibouna ! résonnèrent à diverses périodes.

Pucelles : Comprendre le Coin des pucelles : il y reçoit volontiers. De l'ouverture au sylvaner (vieilles vignes de chez Seltz) à l'apocope finale ("Myriam ! l'ad' !"). Entre temps, ça cause… ça cause… Les calembours pleuvent dans les assiettes, le ton monte, les niveaux baissent. Lui raconte que le "I" du Coin fut volé jadis par l'amuseur Jacques Martin. Pourquoi pas ?

Que restera-t-il de tout cela ? C'est une bonne question à laquelle nous ne répondrons pas. Pendant ce temps, le Kronthal s'écroule… mais l'araignée tisse sa toile ! Toutes ces/ses voies ! Vous rendez-vous compte ? Vraiment.


Rhétorique : En la matière, il fait bonne figure.

Sika : Trois blanches pour une noire : ce monsieur connaît la musique, si l'on peut dire.

Tomahawk : Grimsel 1982. Une ouverture improvisée : à défaut de marteau, lui planta les (rares) pitons à la hache. Bigre !

Unforgiven : Il y a du Clint Eastwood dans AB, non ? Gran Torino ? Non ? toujours pas ? Certaines l'assimilèrent plus encore à Sean Connery (cf : Modestie). Lui se dit cinéphile, il l'est.

Vallée (blanche) : Je vous dois la vérité : je n'ai jamais vu AB sur des skis. Pour autant, combien de récits chamoniards ! Pas un hiver sans son épopée autour des Rognons.

Walt (de) : Les perceuses ridicules, les instruments de la passion etc. A retenir : "Ma Ryobi a des ratés", un de ses plus fameux octosyllabes.



X : Un mystère demeure quand tous les mystères sont levés. Ce doit être cela, l'opacité de l'être relévée naguère par certain topographe. Elle semble savamment entretenue et participe à l'édification du personnage.

Yasmina : Beaucoup de choses durent se passer, il y a plus de trente ans, dans les sables tunisiens. Le jeune coopérant y découvrit le désert, le monde arabe, la 2 CV. Les prouesses déjà ; d'autres un peu plus loin dans l'espace et dans le temps laissèrent pour trace Mes nuits chez Yasmina soit quatre longueurs pas faciles dans les gorges du Todra.

Zéro : Lui ne s'embarrasse pas de nuances. L'empan de ses jugements se déploye sans étapes inutiles entre le "démentiel !" et le "c'est nul !".


» Texte paru dans la revue du CAF de Strasbourg (2010)







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