Le meilleur des cordes

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Yann Corby

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Chronique alsacienne par Thomas Leleu     [17 novembre 2011]


VIVE LES JO !

Connaissez-vous Nikolaos Andriakopoulos ? Nikolaos ne fut rien moins que le premier champion olympique d'escalade !
Aux J.O. de 1896, à Athènes il fut le seul avec son compatriote Xénakis à atteindre le sommet de la corde lisse culminant à 14 m, en 23,4 secondes ! Bel effort ! Et quelle joie pour tout un peuple !... L'escalade est alors une épreuve majeure, largement pratiquée dans les écoles de gymnastiques du monde entier.
Malheureusement cette discipline enthousiasmante disparaîtra du programme olympique en 1932 après la victoire d'un américain, Raymond Bass... Mais l'aventure ne s'arrête pas là puisque l'escalade semble devoir s'imposer à nouveau (enfin !) après presque 100 ans d'absence aux Jeux Olympique de 2020, grâce, entre autre, au lobbying acharné de quelques passionnés, dont l'inénarrable et charismatique Jérome Meyer ! Ce dernier, et nous l'en remercions, s'explique sur la passion qui l'anime dans le dernier numéro de l'organe de presse officiel de la fédération : Grimper Magazine (n° 135)!

Alors pour en arriver là, quelques adaptations furent nécessaires, et la corde lisse a due être remplacée par des prises en résine ou/et polyuréthanne (c'est le progrès) disposées de façon méthodiques sur des pans en contre-plaqué. Mais l'essentiel est respecté : parvenir par l'usage des pieds et des mains à se hisser à une vingtaine de mètres du sol ... Les perspectives de médailles ne sont pas négligeables et certains de nos meilleurs athlètes français se placent résolument dans la course avec le secret espoir d'arborer fièrement le métal précieux au sommet du podium olympique…

Petite précision intéressante : dans le magazine Grimper, qui sait s'ouvrir à d'autres pratiques, une large place est faite à l'escalade de rocher… Toute comparaison avec l'escalade olympique étant évidemment parfaitement hasardeuse : renseignements pris l'escalade de rocher, ou escalade libre, serait apparue à la fin du 19e siècle conjointement sur les tours de grès de l'Elbsandstein, autour du Peak District en Angleterre ou dans les Dolomites… Il s'agit d'une activité de plein air, proche de l'alpinisme, régie par des règles strictes s'articulants autour des principes "d'économie de moyen" et d'engagement. Ces régles sont restées quasiment inchangées pendant tout le 20e siècle, même si on signale l'apparition au début des années 80, sous l'impulsion de quelques grimpeurs français, d'une pratique déviante qu'on qualifiera de "sportive", niant un siècle d'éthique, de philosophie et d'histoire. Cette variante "gymnique", pour tout attrayante et populaire quelle soit, récupérée par quelques marchands et s'abîmant dans de basses considérations économico-médiatiques, ne reste heureusement qu'un épiphénomène au regard de l'histoire séculaire de la discipline.

Thomas Leleu


[Sa chronique précédente : le bloc c'est de la merde!]









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